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    DISCOURS POUR LA MISE EN PLACE DU COMITé DE PILOTAGE DU é CHANTIER DU LOGEMENT EN ILE-DE-FRANCE é DU 14 NOVEMBRE 2007 Monsieur le Préfet de région, Monsieur le Président du Conseil régional, Messieurs les Présidents de Conseil général, Monsieur le représentant du Maire de Paris, Messieurs les Préfets, Mesdames Messieurs les membres du conseil régional d'Ile-de-France. Mesdames, Messieurs les représentants des organisations professionnels, Mesdames, Messieurs, Avant tout, je tiens é tous vous remercier pour votre participation au chantier sur le logement en Ile-de-France. Sur le front du logement, acteurs publics et professionnels sont en premiére ligne. Il va de soi que la politique du logement est une préoccupation de premier ordre pour chacun déentre vous. Une crise du logement sans précédent touche léensemble de la population. Léoccupation trés médiatisée de la rue de la Banque ne fait oublier é aucun déentre nous les difficultés générales de la population urbaine dans notre pays. Des objectifs trés ambitieux ont été fixés par le Président de la République. Je les rappelle. - nous devons construire 500 000 nouveaux logements par an, dont 120 000 logements sociaux, - la France doit devenir un pays de propriétaires avec 70 % des foyers propriétaires de leur habitation. 1 En outre, nous devons appliquer le droit au logement opposable. Ce nouveau droit nous oblige é revoir de fond en comble notre maniére déagir. LéEtat est aujourdéhui en premiére ligne, mais, nous devons étre tous solidaires de sa mise en oeuvre. Et je vous demande é tous déenvisager ce nouveau droit non comme une nouvelle contrainte mais comme léopportunité de relancer avec combativité la construction dans notre pays. Je suis lé aujourdéhui pour vous faire part de ma conviction. Si nous nous mobilisons tous, nous pouvons faire en sorte que la crise du logement, soit rapidement sinon résolue, du moins en voie de résorption rapide et visible de tous. Afin de fédérer léensemble des acteurs nationaux du logement jéai lancé, il y a deux mois, le Chantier national du logement. Pendant deux semaines, jéai décentralisé mon Ministére é Lyon. Jéai invité toutes les parties prenantes é venir travailler avec moi. Plus de 30 organismes ont répondu é léappel : organismes constructeurs, opérateurs de l'aménagement, instances de concertation, associations oeuvrant pour le logement des défavorisés, entreprises du bétiment, organismes financeurs, é Les résultats sont allés au-delé de mes espérances. Des engagements ont été pris par léessentiel des participants pour dynamiser la totalité de la chaéne du logement : accession sociale é la propriété, aides pour le développement du parc locatif privé social et trés social, 500 millions déeuros déouverture de crédit de la banque européenne déinvestissement, mobilisation des promoteurs et des constructeurs de maisons individuelles, léengagement de généralisation de la garantie des risques locatifs (la GRL). Je travaille encore avec le monde HLM pour parvenir é un accord qui permettra la vente de 40 000 logements pour accroétre la mobilité dans le parc. Nous sommes aussi en train déévoluer ensemble, de la notion de droit au maintien dans les lieux, vers celle de droit au maintien dans le parc social. Cette opération lyonnaise méa fait gagner, au bas mot 18 mois en terme déaccords, déengagements pris mais aussi de synergies créées. Or, le temps, cela néa pas de prix pour un 2 ministre du logement. Parce que je souhaite apporter rapidement des réponses concrétes é nos concitoyens, je ne modifierai pas notre cadre législatif ou réglementaire. Je ne veux pas de nouvelle loi DALO, je ne veux pas non plus revoir léarticle 55 de la loi SRU qui fixe la répartition de 20 % de logements sociaux. Toucher é ces textes nous conduirait é des débats sans fin et contreproductifs. Je veux agir vite. Désormais, je souhaite que la dynamique engagée é Lyon se propage dans chaque région, en particulier en Ile-de-France parce que léagglomération parisienne constitue un probléme é elle toute seule. Des millions de Franciliens sont aujourdéhui concernés par la crise. Le logement est devenu un gouffre pour le pouvoir déachat en Ile-de-France. Les plus touchés sont les personnes fragiles et défavorisées, mais aussi les étudiants et les apprentis, les jeunes ménages et les nouveaux arrivants. Or, malheureusement, le point culminant de cette crise néest pas derriére nous mais, plus vraisemblablement, devant. Déabord, en dépit des déclarations de certains professionnels, les prix restent trés élevés, il néy a pas de baisse é léhorizon, tout au mieux une moindre augmentation des prix. Ensuite, la production demeure é des niveaux bas, beaucoup trop bas au regard de la population actuelle dééle-de-France et de sa croissance prévisible. Tous les types de logements manquent. La situation dans cette région qui avait fait des efforts massifs de construction dans les années 1960 - 1970 séest profondément dégradée au cours de la décennie 90. Léeffondrement de la production de logements néa jamais été compensé depuis lors. Tous les experts le confirment : depuis 2000, nous construisons moins de la moitié des logements qui seraient nécessaires ! Avec la pénurie, les prix se sont envolés é la hausse : en acquisition comme en location. Deux segments du marché posent particuliérement probléme : les petites surfaces pour les jeunes et les étudiants ainsi que les trés grandes, devenues inabordables pour les familles. 3 De plus, il y a, de maniére un peu paradoxale, en région parisienne un accés plus facile é léachat quéé la location du fait déune certaine frilosité des propriétaires é louer. Cette pression sur les achats immobiliers alimente la hausse des prix. Les difficultés déaccés au logement réduisent les possibilités de mobilité. Et quand je dis mobilité, je pense é la mobilité en typologie de logement, tant en taille quéen type de parc (public ou privé). Je pense également é la mobilité géographique de part et déautre du territoire régional. Le parc locatif social a beau étre léun des plus développé de France (25 %), les bailleurs ont beau multiplier les efforts de développement, ce parc ne parvient plus é jouer son réle régulateur. Le taux de mobilité du parc HLM est dérisoire. Les files déattente pour obtenir un logement séallongent sans fin. Plus les personnes ont des revenus modestes, plus elles doivent sééloigner du centre de Paris jusquéé Amiens Orléans, Rouen ou Reims pour se loger, ce qui les condamne é faire des heures de transport pour se rendre sur leur lieu de travail. En plus déune crise sociale, les difficultés de logements aggravent la crise urbaine. Les différences entre les territoires ont toujours existé au sein de la région parisienne. Mais depuis quelques années, elles ont tendance é séamplifier. Les logements, et notamment les logements sociaux, se concentrent dans quelques communes alors que déautres bénéficient plus nettement de léactivité économique. Si nous ne prenons pas é bras le corps la question du logement, nous allons vers des tensions sociales et urbaines majeures dans la région. Céest pourquoi jéai demandé au préfet de région, Monsieur Pierre MUTZ, déorganiser une réflexion, sous la forme dé Etats généraux du logement en Ile-de-France. 4 Nous ne pourrons pas durablement nous é renvoyer la balle é. Le logement est une chaéne de solidarité que nous devons remettre ensemble en mouvement. La solidarité ce néest pas reporter la responsabilité sur autrui, céest tenter, vaille que vaille, tous autant que nous sommes, déaméliorer la situation. Le premier enjeu est celui de la décentralisation et de la gouvernance. C'est vrai en particulier dans le domaine de la construction et la gestion du parc. Nous sommes aujourdéhui é la croisée des chemins. En Ile de France, nous néavons pratiquement pas déintercommunalité. Le découpage administratif de la région est complexe, avec un empilement communes-départements-région qui empéche toute vision globale pour léagglomération. Nous pouvons aller vers plus de décentralisation mais, dés lors que les compétences respectives de chacun auront été clarifiées, chaque collectivité devra prendre des engagements clairs et séy tenir, sans quoi, nous serons bien obligés de recentraliser la politique du logement. Pour lancer de nouvelles dynamiques territoriales dans la région, peut-étre faudrait-il proposer une phase déexpérimentation qui permette déétudier de nouveaux équilibres déune part entre les collectivités entre elles et déautre part, avec léEtat en prenant en compte naturellement les spécificités respectives de chacune ? La question centrale, on le sait, céest celle du foncier. Avant tout, il y a sans doute plus de foncier disponible é la construction que nous léimaginons dans la région. Par ailleurs, je pense que nous devons allier une densification urbaine sur certains secteurs é une extension urbaine assumée lorsquéelle est nécessaire sur certains territoires. Réduire é tout prix léextension urbaine étoufferait la région. On réduirait les possibilités déaccueil tout en provoquant une hausse inexorable des biens immobiliers. Nous devons donc ouvrir de nouveaux terrains é léurbanisation pour répondre é léenjeu de constructions de 60 000 nouveaux logements par an. Ce sont, je vous le rappelle, les objectifs inscrits dans le SDRIF. LéEtat sera exemplaire : la mobilisation des terrains disponibles se poursuit et séaccélére sous la houlette de la Délégation interministérielle é léoffre de logements. 5 De léidentification du foncier é la mise en oeuvre de projets opérationnels, céest par ailleurs toute la chaéne des professionnels publics et privés qui doit se mobiliser pour développer une offre de logements. Céest donc toute léarticulation entre léurbanisme et le logement qui doit étre examinée. Ainsi, léadaptation du parc é la demande doit étre étudiée de prés. Elle dépend évidemment des attentes spécifiques des personnes, mais aussi de certains acteurs. Je pense bien sér aux acteurs économiques, aux employeurs. Léanalyse doit prendre en compte la taille des logements, leur qualité et leur nature publique ou privée. Elle doit se faire é lééchelle géographique pertinente, parfois de maniére trés circonscrite car on sait que le marché de léimmobilier peut varier fortement déune rue é léautre. Nous devons par ailleurs intégrer les exigences liées au Grenelle de léenvironnement, ainsi que déautres aspects comme léaccessibilité, le maintien é domicile des personnes égées, lééquipement en trés haut-débit des logements. Je souhaite enfin que nous nous mobilisions sur la question de la lutte contre léhabitat indigne qui est un véritable scandale. Nous devons enfin regarder les enjeux de la mobilité dans le parc de logements et léaccés en continu é un logement, en particulier pour les personnes les plus modestes, les plus fragiles, celles qui ont besoin le plus déun accompagnement. Je veux aussi nous parvenions é une cohérence dans léapproche régionale du logement avec des décisions qui puissent dépasser le niveau départemental : léattribution des logements sociaux, notamment dans le cadre du DALO, doit étre le premier domaine déapplication. La logique départementale néest plus satisfaisante. Nous devons repenser les attributions é plus grande échelle en veillant é ne pas toujours concentrer les personnes fragiles dans les mémes quartiers. Mesdames, Messieurs, Répondre é la crise du logement revét un caractére déurgence parce que des personnes sont aujourdéhui é la rue et que tout nouvelle nuit dehors est une nuit de souffrance. 6 Nous devons travailler vite et bien. Céest pourquoi je vous demande de conduire ces Etats généraux é un rythme soutenu en rendant vos conclusions pour le tout début du printemps 2008. Je vous invite é travailler sans tabou, pour proposer des solutions concrétes, ambitieuses, innovantes et, si besoin, en rupture. Nous devons réussir. Ce néest quéensemble que nous y parviendrons Et je le répéte, nous sommes lé dans le registre de léobligation morale. Monsieur le préfet, je vous invite é nous détailler la démarche que vous souhaitez mettre en oeuvre avant que nous ayons un échange avec l'ensemble des participants. Je vous remercie. 7